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Témoignage de Julien et Alexandrine

Parrainer, c'est... du partage et du bonheur !


Julien et Alexandrine parrainent Jawad*, 6 ans. (*prénom d'emprunt)


Très heureux d'avoir intégré le parrainage à leur vie, ils sont aussi heureux d'en témoigner, car pour eux, "parrainer, c'est... du partage et du bonheur".


Parrain-Ami: "Aujourd'hui, cela fait un an que vous parrainez Jawad, qu'est-ce qui vous a amenés à faire cette démarche ?"


Julien: C'est une chouette histoire... J'étais en stage en tant qu'instituteur dans une école, et j'ai rencontré un enfant à qui on refusait les repas chauds, car ses parents ne les avaient pas payés. Son histoire m'a touché: quelques mois plus tard, j'ai appris qu'il avait été placé. Je me suis alors renseigné pour savoir s'il existait des associations qui permettaient de partager des moments avec de tels enfants. En cherchant sur Internet, j'ai trouvé l'asbl Parrain-Ami.


La rencontre avec Parrain-Ami s'est faite tout naturellement. Nous avions déjà bien en tête l'idée du parrainage. Nous avons vite eu confirmation que c'était bien cela que nous cherchions, et que c'était un très chouette projet. Nous faisions la démarche en couple. Au départ, nous n'étions pas d'accord entre nous sur l'âge de l'enfant à parrainer: je préférais un enfant d'une dizaine d'années, et Alexandrine pensait plutôt à un très jeune enfant, de un an ou deux. Au final, nous avons opté pour un enfant de 4 à 7 ans.


PA: "Au début, comment cela se passait-il avec Jawad?"


Julien: Au début, c'était vachement intense, car Jawad est un enfant intense, avec un parcours affectif compliqué! Des limites ont été testées, et on a dû pas mal cadrer. Au fur et à mesure, on a eu un enfant qui se sent chez lui... Ici, c'est aussi sa maison, il sait qu'il en a deux.


PA: "Est-ce que ça s'est passé comme vous l'imaginiez?"


Julien: Non, parce que dans ce genre de situation, je pense que ça ne se passe jamais comme on l'imagine. Au point de vue émotionnel, relationnel, oui: on est comblés! On s'y sent bien. Mais notre plus grand défi est de se détacher de son parcours, le plus possible, en lui apportant le maximum. Quand il est avec nous, on n'est que sur des plaisirs simples, on ne veut pas lui rajouter de la pression.


PA: "Comment ça se passe aujourd'hui? Quel serait votre "week-end-type" avec votre filleul?"


Julien: Aujourd'hui, on n'a plus du tout le même rapport qu'au début. Il a grandi, il est plus serein. Entre temps, notre bébé est né aussi. Alors, on a décidé d'appeler Jawad "le grand cousin", car notre fils ne sera jamais son frère. Tout comme nous ne serons jamais son papa ni sa maman... Le terme "cousin" nous semblait approprié car on peut aussi avoir un chouette relation avec un cousin.


La relation avec Jawad a été fort évolutive. Dès le début, on a aimé ce qu'on a fait, même si c'était très fatiguant car il avait l'habitude de se lever très tôt le matin, vers 5h30! (C'est une caractéristique de la vie en pouponnière, si j'ai bien compris...)

Nous sommes récemment allés une semaine à la mer avec lui et ça s'est merveilleusement passé.

Le week-end, on essaye de faire des activités différentes. On a créé un rythme de vie. Le matin, s'il se réveille avant 7h, il reste dans sa chambre. Avant l'aménagement de cette règle, il lui arrivait de nous réveiller très tôt. Alors, on racontait des blagues, avant d'aller prendre le petit-déjeuner.


Ensuite, on va au parc rouler à vélo ou faire de la balançoire. Après quoi, on mange une soupe et on fait des activités à la maison. Parfois, on lui propose de faire une sieste, et généralement, il dort une heure car il en a besoin. L'après-midi, on essaie de bouger, aussi en fonction du temps qu'il fait. On va par exemple à Huizingen, ou on passe du temps avec des amis qui ont une fille de quatre ans. Et on fait des activités familiales tous ensemble.


Le soir, à la pouponnière, ils vont dormir à 19h. C'est tôt, alors ici, on essaie de le tenir jusqu'à 20h30. On a instauré un petit rituel du dodo, avec la lecture d'un livre. Il a besoin de rituels, d'être rassuré.


Le dimanche, on va à la piscine. Si on peut lui apprendre quelque chose, c'est cela: nager!


PA: "Est-ce que Parrain-Ami vous aide dans votre rôle de parrainage, et de quelle manière?"


Julien: Parrain-Ami nous aide peu, mais c'est uniquement parce qu'on demande peu d'aide. On n'en éprouve pas le besoin. Au début, Parrain-Ami nous contactait régulièrement par téléphone, mais comme tout se passait bien, les appels se sont espacés. On a une communication extraordinaire avec l'institution où est placé Jawad. C'est eux qui ont le rôle le plus important pour lui. Ils font un boulot formidable.


PA: "Qu'est-ce qui vous semble le plus important pour vous et pour Jawad?"


Julien: Pour nous, c'est de donner du sens à une société qui n'en a pas forcément.

Pour Jawad, c'est de donner du sens à sa personne, de la logique, un rituel, un repère. C'est très gratifiant pour nous, cette idée de repère...


PA: "Et si c'était à refaire...?"


Julien: Oui ! Sans hésitation, mais ce n'est pas sûr que j'arriverais à le refaire avec quelqu'un d'autre que Jawad. On a créé un tel lien !... On espère que ça durera le plus longtemps possible. C'est un lien très fort, avec des codes très clairs: on se voit une fois par mois, un week-end entier, mais à côté, on vit notre vie, on ne passe pas notre temps à regarder sa photo.


Le fait de passer un week-end entier ensemble permet de partager un quotidien. Par exemple, quand Alexandrine était enceinte, c'est clair qu'on a passé plus de moments simplement en "cocooning".


PA: "Si vous deviez résumer le parrainage en un mot, vous diriez...?"


Julien: Du partage... et du bonheur! Il nous apporte à sa manière beaucoup; il nous ouvre les yeux sur beaucoup de choses. Le parrainage, c'est quelque chose dont on parle autour de nous, car on espère créer des émules.


Outre le travail de matching que Parrain-Ami a fait en amont, le cœur était déjà prêt à apprécier l'enfant, et au départ de cela, le matching se construit aussi au fur et à mesure.


Beaucoup de gens hésitent... J'ai envie de leur dire : "Lancez-vous!" L'engagement sur du long terme peut faire peur, mais aujourd'hui, on n'a qu'une seule envie: prendre Jawad en vacances avec nous toujours plus loin... le plus longtemps possible !

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